Nom de l’auteur/autrice :Asma M'Jid

Témoignages

Le vol dans la maison

Dans des articles précédents, j’ai exposé des preuves tangibles de trahison, de vol, d’appropriation et de crimes. Ici, j’ajoute quelque chose de différent : le contexte. Le monde dans lequel vivait ma mère, les discussions qu’elle a eues avec sa sœur, ma tante Colette, et avec moi avant qu’elle ne soit tuée, ainsi que les questions qui demeurent.

Le vol commis à l’intérieur de la maison, quelques mois seulement avant sa mort, ne peut être dissocié de ces inquiétudes. Durant l’hiver 2017–2018, qui s’avérera être le dernier hiver de ma mère, un événement glaçant s’est produit dans la maison de mes parents à Casablanca.

Au retour de ma mère de France, où elle était allée rendre visite à sa sœur, elle a découvert que le coffre-fort de notre famille, qui se trouvait à l’intérieur de la maison, avait été volé.

Ce coffre-fort était très lourd. Il était scellé au mur et dissimulé derrière une porte privée, dans le placard à l’étage de la chambre de ma mère. Seuls elle et mon père l’utilisaient.

Pourtant, le coffre-fort lui-même avait été arraché du mur en ciment et enlevé hors de la maison. Il avait disparu. À sa place, un trou béant dans le mur.

Maman avait alors plus de quatre-vingts ans, et Papa était décédé. Il y avait dans ce coffre-fort toute une vie de souvenirs et d’objets de valeur, dont aucun ne pouvait être remplacé. Au-delà de leur valeur matérielle, c’étaient des fragments de mémoire, de moments passés, d’identité et d’amour.

Il contenait certains des biens les plus précieux de mes parents, tant par leur signification que par leur valeur. Des cadeaux de mon père à ma mère, des bijoux en or, des boucles d’oreilles en diamant, l’alliance de mon père, la montre de mon grand-père, des papiers de famille, des documents juridiques, de l’argent mis de côté, et bien plus encore.

Le tout volé sans la moindre humanité.

Ma mère était dévastée.

Rien d’autre n’a été volé dans la maison. Rien d’autre n’était déplacé. Aucune serrure n’avait été forcée.

Le voleur savait-il ce qu’il cherchait ? Savait-il précisément où chercher ? Avait-il accès à la maison ?

Cela s’est produit pendant son absence. Le voleur le savait-il aussi ?

Et déloger ce coffre-fort du mur n’était pas une tâche pour quelqu’un de faible. Quelle force fallait-il pour l’enlever et le transporter ?

Et comment quelqu’un aurait-il pu sortir de la maison un coffre-fort aussi lourd et encombrant sans être remarqué ? Est-il possible que quelqu’un ait fait entrer sa voiture à l’intérieur de la propriété pour y charger le coffre-fort avant de repartir ? Mais qui aurait pu faire cela sans attirer l’attention ?

Cela ne semblait pas possible sans l’impensable. Quelqu’un qui ne se serait pas fait remarquer. Ma mère était inquiète. Et troublée. Et effrayée.

Soufiane Elkabous, lui, ne se posait pas autant de questions. Sans la moindre preuve, il a immédiatement accusé l’employée de longue date de ma mère, Rachida.

Peu importe qu’elle ait été avec sa famille pendant que Maman voyageait. Peu importe qu’elle n’ait pas pu physiquement extraire le coffre-fort du mur ni le transporter jusqu’à une voiture. Peu importe qu’elle ne sache pas conduire et n’ait pas de permis. Peu importe qu’elle se soit fait remarquer si elle était entrée dans la maison au milieu de la nuit. Pour Elkabous, tous ces faits étaient sans importance. C’était elle.

Rachida avait commencé à travailler pour mes parents à temps partiel du vivant de mon père, avant de passer à temps plein quatre ans avant cet événement. Elle avait été d’un soutien profond pour ma mère, alors qu’elle faisait face à la perte de mon père, et elle était toujours présente, toujours attentive. C’était une mère célibataire avec des enfants, dont l’un avait des difficultés. Son fils aîné s’occupait des autres pendant qu’elle travaillait, et elle rentrait chaque soir chez elle, à environ une heure de trajet, en bus.

Elle aimait profondément mes deux parents et les considérait comme sa propre famille. Jamais rien n’avait disparu de notre maison. Ma mère lui confiait régulièrement des objets de valeur, qu’elle aurait pu facilement monnayer sans le travail physique considérable qu’aurait exigé une telle opération.

Rachida était la dernière personne que ma mère soupçonnait, et qu’elle aurait jamais soupçonnée, de ce vol. La dernière personne que je soupçonnais moi aussi.

Malgré les inquiétudes croissantes de ma mère face au comportement d’Elkabous, à ses changements d’humeur et à ses agissements depuis la mort de mon père, ainsi qu’à son attitude intimidante envers elle, ma mère a rejeté son accusation injustifiée contre Rachida, a refusé de renvoyer l’employée de maison comme il l’exigeait et, au contraire, lui a demandé de rester. Malgré l’humiliation et la peur, Rachida est restée à ses côtés.

Même s’il semblait que la trahison venait de l’intérieur même de sa maison, elle savait que ce n’était pas Rachida. Et à mesure qu’elle en prenait conscience, le tableau s’assombrissait.

En privé, ma mère a confié ses inquiétudes à ma tante, sa sœur Colette, et à moi. Elle a clairement affirmé qu’elle ne croyait pas que le vol se soit déroulé comme Elkabous le prétendait. Ce crime avait été commis avec précision et avec une connaissance interne des lieux. Elle avait ses propres soupçons, solides, fondés sur la logique et les circonstances, qu’elle a partagés avec ma tante et avec moi. Et ils étaient bien plus plausibles que la version d’Elkabous le malfaiteur. Et ils étaient inquiétants. Était-ce possible ? Maman le croyait.

À l’époque, Maman ne pensait pas que les choses puissent empirer. Hélas, elle avait tort. Le vol du coffre-fort ne s’est pas révélé être un incident isolé. Il s’est inscrit dans une suite d’événements qui conduiraient à sa mort et, au-delà de sa mort, à des vols de biens, des usurpations d’identité, des détournements bancaires, et bien plus encore.

Lors des funérailles de ma mère, Rachida est venue à la maison de mes parents pour lui rendre hommage. Le criminel l’a aussitôt expulsée devant des voisins et des amis, provoquant une scène qui a laissé les personnes présentes consternées, mais suffisamment marquées pour s’en souvenir encore aujourd’hui, et trop intimidées pour intervenir.

Rachida est tout de même venue au cimetière. Je l’ai vue se tenir près d’un arbre, à quelques pas de ma tante et de moi. Elle pleurait et priait. Je l’ai remerciée. Nous nous sommes embrassées. Elle a rendu hommage à Maman, en privé. Rachida n’était pas la personne responsable du vol. 

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Un résumé avant de continuer

J’ai reçu de nombreux messages de soutien depuis le début de ce blog, en plus de celui de ma tante, presque tous accompagnés d’une demande d’anonymat, le plus souvent par crainte pour leur sécurité ou celle de leur famille. Certains ont même promis d’agir, pour ensuite disparaître, comme d’autres avant eux.

Mais si confronter ce mal peut sembler plus risqué pour ceux qui vivent au Maroc, n’est-il pas d’autant plus crucial qu’ils mènent ce combat ensemble, de peur que le silence d’aujourd’hui ne condamne les lendemains de tous ?

Depuis le lancement de ce blog en juillet, j’ai documenté un schéma clair de comportement criminel. Voici ce qui a été établi :

La Fondation :

  • Soufiane Elkabous s’est emparé d’une fondation créée pour aider les autres et l’a détournée à des fins personnelles.
  • Il a volé le nom de mon père pour se créer une fausse légitimité.
  • Il a prétendu être de la famille.

Le coffre-fort et les documents :

  • Il a forcé le coffre-fort privé de ma mère, dans sa chambre, le jour même de sa mort. Avant même qu’elle ne soit enterrée.
  • Il a volé tout ce qui s’y trouvait.
  • Il a falsifié des documents, imputant de fausses dettes à mes parents des années après leur mort.
  • Il a fait enregistrer ces documents falsifiés dans les registres nationaux, corrompant ainsi l’intégrité même de ces registres.

La maison :

  • Il occupe la maison que mes parents m’ont laissée, une maison qui n’est pas la sienne, sans droit ni titre.
  • Il l’a vidée de tous les biens de mes parents, de tout ce qu’elle contenait.

Les comptes bancaires :

  • Il a pillé les comptes bancaires de ma mère à l’agence BMCI Val D’Anfa après sa mort, sans aucune autorisation. 

Usurpation d’identité. Effraction. Vol. Faux et usage de faux. Occupation illégale. Spoliation d’héritage. Détournement de fonds. Abus de confiance.

Ces faits sont établis. Documentés. Admis par Elkabous lui-même. Ensemble, ils révèlent un schéma de comportement criminel s’étalant sur des années. Il ne prend même pas la peine de les nier. Bien au contraire, il s’en vante. La loi ne s’applique pas à lui.

Toujours aucune conséquence. Toujours aucune enquête.

Je continue.

Et ce n’est pas tout. Je partagerai prochainement un événement survenu avant la mort de ma mère, l’hiver avant qu’elle ait été tuée, une expérience dont elle avait discuté avec ma tante et moi, des inquiétudes qu’elle avait partagées, des peurs qu’elle avait exprimées, et ce qu’elle en pensait.

Tout ceci n’avait pas commencé en août 2018. Cela avait commencé bien avant.

Et Maman le savait.

Témoignages

De Colette, soeur de Pierrette M’Jid

Je tiens à saluer ma tante Colette, sœur aimée de ma mère, pour ce témoignage volontaire. Tati Colette, comme mon frère Karim et moi l’appelions, est toujours restée proche de mes parents et de moi, dans les moments heureux comme dans les épreuves. 

Elle était aux côtés de Maman et avec elle, au chevet de Papa, hospitalisé à Bordeaux ou à Rabat. Elle est encore à mes côtés aujourd’hui, face à cette injustice.

« Nous avons quitté le Maroc fin 1977 après dix-huit années passées dans ce beau pays. À cette époque, Soufiane Elkabous n’était encore qu’un enfant, loin de ce qu’il allait devenir.

Plus tard, adolescent en total échec scolaire, il refusait l’éducation que mon beau-frère, M’Jid, et ma sœur, Pierrette, tentaient de lui offrir.

Lorsque nous l’avons revu au Maroc quinze ans plus tard, nous l’avons retrouvé adulte, physiquement imposant, déjà caractériel, ingérable, autoritaire et agressif.

Et, dans les nombreuses fois où nous l’avons croisé par la suite, il n’a fait que confirmer cette image.

Après un passage dans la gendarmerie, dont il fut finalement écarté en raison de comportement douteux, il était déjà devenu propriétaire de plusieurs appartements, de voitures de luxe, et disposait d’argent facile. Sur son salaire de gendarme !

Loin des M’Jid, il se vantait même de payer régulièrement des collègues pour le remplacer à son poste de gendarme pendant son service, en leur ordonnant de « tourner le dos » lorsque des cargaisons suspectes lui étaient signalées.

Après, son patrimoine s’est très rapidement développé : La Notte, une ferme, un salon esthétique, des studios loués à la demi-journée, et toujours plus d’argent liquide, bien entendu. Qui peut accumuler autant de biens sans vraiment travailler ? Nous n’avons jamais eu de réponse.

Peu à peu, ses liens avec la famille M’Jid se sont distendus. Les contacts se faisaient plus rares. Il menait sa vie trouble loin de nous. Les M’Jid, se posant des questions, avaient peur de comprendre. M’Jid lui-même, de dépit, lui avait d’ailleurs demandé d’être moins présent et de ne pas exhiber ses voitures de luxe devant la maison familiale.

Un jour, ma sœur lui confia avoir été importunée lors de sa promenade matinale : il est alors sorti et a tabassé le premier pauvre malheureux croisé dans la rue, tout en sachant parfaitement que ce n’était pas le coupable ! Cet innocent a été battu sévèrement. Cent cinquante kilos contre cinquante… quel « courage » !

Il était devenu, et il est resté, brutal, hermétique au dialogue, rejetant toute discussion raisonnable et n’admettant jamais la contestation. Entouré de « courtisans » lâches, intéressés, le genou à terre et à son service, il fait peur à ses employés, qu’il traite comme des esclaves.

Après le décès de M’Jid, ma sœur venait plus souvent chez nous, en France. Ses relations avec EK se sont encore plus distendues. Lors de ses séjours chez nous, nous avons constaté clairement qu’elle n’avait plus de contact avec lui pendant deux ou trois semaines. Le torchon brûlait entre eux. Nous en étions soulagés, car il faisait du mal à ma sœur et n’avait jamais mérité l’affection que toute la famille M’Jid lui avait donnée.

Ingrat, il n’a su que s’imposer par sa violence incontrôlée.

Depuis la mort de mes chers beaux-frère et sœur, les parents de ma nièce Asma, il a décidé, par des manœuvres certainement malhonnêtes, de tout lui voler. Il s’est installé dans la maison familiale, et il a vidé le compte bancaire de ma sœur.

Asma ne peut même pas se rendre couramment au Maroc pour récupérer son héritage, sa sécurité étant directement menacée par Elkabous et son réseau mafieux, qu’il rémunère pour exécuter ses ordres hors de toute légalité.

Moi-même, j’ai subi un contrôle humiliant et menaçant à l’aéroport de Casablanca par l’un de ses hommes, qui m’a clairement dit vouloir m’empêcher de repartir après les obsèques de mon beau-frère.

Que tous ceux qui ont connu et aimé ses parents apportent leur soutien à Asma. Elle a besoin de vous. Aidez-la. Merci.

Ça sort du cœur. »

— Colette

Il ne devrait plus être nécessaire d’apporter d’autres témoignages sur le criminel Elkabous après tout ce qui a déjà été révélé par moi et par d’autres. Ses actions parlent d’elles-mêmes, à qui ne souhaite pas les ignorer. Pourtant, il m’a semblé important de faire une exception ici et de partager ainsi la perspective d’un membre de la famille qui l’a connu depuis son début avec nous jusqu’à ce qu’il est devenu aujourd’hui, une tare de la société. Asma

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Démasqué, il change son nom sur le site de la fondation

En cachette...

Suite au post exposant comment Soufiane Elkabous s’était approprié illégalement le nom M’Jid et avait transformé la fondation MJID d’un service à vocation publique en un outil de promotion personnelle, un changement est apparu en catimini sur le site de la fondation.

Pendant des années, cet usurpateur avait affiché sur le site le faux nom « Soufiane Elkabous M’Jid » et l’avait placé directement sous celui de mon père, créant et entretenant ainsi délibérément l’illusion d’être son héritier naturel. Comme je l’ai rappelé dans le même article, Elkabous n’a ni lien légal ni lien de sang avec mon père, ma famille ou notre nom. »

Au dimanche 17 août 2025, l’imposteur avait enfin fait retirer le nom « M’Jid » de son patronyme sur le site de la fondation. Son nom y figure désormais sous son identité légale, comme cela aurait toujours dû être le cas : Abousoufiane Elkabous.

Pas M’Jid.

Il a fallu une exposition publique pour qu’il cesse, dans la honte, de voler le nom de ma famille.

Cependant, supprimer le nom ne blanchit ni le passé, ni l’intention. Au contraire, cela démontre qu’il savait parfaitement qu’il manipulait  l’image de la fondation et confirme une fois de plus comment Elkabous et son cercle falsifient l’information sans scrupules pour servir leurs intérêts corrompus.

Il a également ajouté une petite section sur M. Berrada, présenté comme président entre 2014 et 2018, pour faire croire à une séparation entre la mort de mon père et sa propre prise de contrôle. Mais pourquoi ce nom avait-il été retiré au départ, sinon pour fabriquer une continuité directe entre mon père et lui ? La réponse est évidente.

En réalité, les réseaux sociaux regorgeaient déjà de promotions centrées sur Elkabous : son visage, ses interventions et son faux nom étaient partout.

En 2018, l’année où ma mère a été tuée, Elkabous s’est emparé des derniers pouvoirs et a officialisé la prise de contrôle totale. Les derniers proches collaborateurs de mon père ont alors quitté la fondation.

Maintenant qu’Elkabous a enfin retiré le faux nom qu’il s’était attribué sur le site de la fondation, contactera-t-il les donateurs qu’il a volontairement trompés pour leur dévoiler la vérité et s’excuser de cette imposture délibérée ?

La lumière du soleil est en effet le meilleur désinfectant.

Pour Papa.

Ce changement est documenté ci-dessous. La première capture est celle du site de la fondation tel qu’il est apparu pendant des années, affichant Elkabous sous le faux nom « Soufiane Elkabous M’Jid ».

La deuxième capture est la version corrigée, datée du 17 août 2025, montrant la suppression du faux nom et l’apparition de son identité légale : Abousoufiane Elkabous.

Soufiane Elkabous using a fake name

Site de la fondation affichant « Soufiane Elkabous M’Jid » tel que présenté pendant des années.

Site de la fondation après le 17 août 2025, montrant la suppression du faux nom.

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Elkabous a vidé les comptes de ma mère après son décès

Et il l’a reconnu, sans peur, et avec un mépris absolu pour la loi

Je suis arrivée à Casablanca dans la nuit du 3 avril 2024. Le lendemain, le 4 avril, j’ai rendu visite aux tombes de mes parents et de mon frère. Ce même jour, j’ai confronté Soufiane Elkabous au sujet de sa tentative de s’approprier la maison de mes parents, et j’ai découvert que leurs affaires avaient été enlevées et volées.

Le matin du 5 avril, je me suis rendue à l’agence BMCI Val d’Anfa, munie de ma carte nationale marocaine et de l’acte de décès de ma mère. Je voulais accéder à ses comptes et vérifier les fonds qu’elle avait laissés pour moi.

Un employé de l’agence s’est approché rapidement de moi, puis est allé à son bureau, apparemment pour vérifier quelque chose. Il est revenu une minute plus tard et a dit d’un ton plat : « Nous n’avons aucun compte au nom de votre mère. Ils ont été fermés. Les fonds ont été retirés. Il ne reste rien. »

Après sa mort ?

Je suis restée là, stupéfaite.

J’ai demandé comment il était possible que quelqu’un ait pu retirer des fonds après sa disparition, sans autorisation, sans testament. Il s’est contenté de répéter que les comptes étaient fermés. J’ai demandé à parler au directeur de l’agence. Il a refusé, affirmant que je ne pouvais pas lui parler car je n’avais pas de compte actif avec eux. J’ai montré ma pièce d’identité et l’acte de décès de ma mère, et j’ai demandé au moins le dernier relevé bancaire. Il a refusé, avec indifférence.

L’agence Val d’Anfa ne m’a jamais recontactée par la suite, malgré la gravité de ces faits.

L’argent sur le compte de ma mère provenait notamment de l’allocation mensuelle que Sa Majesté le Roi Mohammed VI lui avait accordée après le décès de mon père, de quelques économies personnelles et du produit de la vente de deux terrains que mon père lui avait laissés près de Rabat. Maman n’avait utilisé qu’une partie de la vente pour régulariser le titre de propriété de la maison et effectuer des travaux. L’essentiel des fonds restait intact.

Ma mère gardait ses chéquiers et relevés de compte dans le coffre-fort dont elle m’avait confié la combinaison, ce même coffre que Elkabous a fracturé et vidé.

Maman avait été claire. Elle avait laissé une somme confortable sur ses comptes et une réserve pour que j’aie toujours les moyens de vivre au Maroc quand je le souhaiterais.

Comme pour tous les biens de mes parents, tout avait disparu. Mais cette fois, c’était une agence bancaire, censée protéger les avoirs, qui avait directement ou indirectement permis ce vol. Ma mère avait laissé de l’argent sur ses comptes. Ils avaient été vidés après son décès. J’étais la seule personne autorisée. L’agence avait pourtant remis ces fonds à quelqu’un qui ne l’était pas.

Bien sûr, j’ai interrogé l’escroc Elkabous. Et, comme pour la maison et les biens de mes parents, il a d’abord nié. Puis il a enchaîné une série de versions contradictoires, avant d’admettre enfin un crime de plus.

  • D’abord, il a déclaré qu’il ne savait rien des retraits ni des fermetures de comptes.
  • Puis il a prétendu avoir pris l’argent pour rembourser des dettes que mon père aurait eues, alors que mon père était décédé depuis quatre ans.
  • Ensuite, il a soutenu qu’il n’y avait plus d’argent lorsqu’il avait vérifié.
  • Après, il a affirmé que ma mère avait envoyé une grosse somme à sa famille en France.
  • Puis il a dit que cet argent lui était dû.
  • Enfin, me regardant droit dans les yeux, il a avoué avoir tout pris, simplement parce qu’il avait décidé que cela lui revenait. Encore une fois, il avait volé ce qui ne lui appartenait pas. Il ne cherchait même plus à mentir. Il se pensait intouchable, et il voulait que je le sache. Il voulait me faire comprendre que j’avais perdu, que je ne pouvais rien contre lui.

Ces mensonges, et cette vérité finale, il les a débités en une seule conversation. Il était assis, indigne qu’il est, derrière le bureau de mon père, dans ce qui avait été sa salle de réunion, aujourd’hui salie par la seule présence de ce criminel, au sein de la fondation qu’il avait accaparée et corrompue. Il mentait comme si la vérité n’avait jamais eu de valeur pour lui. Il parlait avec l’aisance de quelqu’un qui avait depuis longtemps enterré toute notion de scrupules.

Les contradictions étaient flagrantes. Mon père ne pouvait pas avoir contracté des dettes quatre ans après sa mort. Ma mère n’était pas, et ne pouvait pas être, ruinée. Elle recevait l’allocation mensuelle de Sa Majesté le Roi, venait de vendre deux terrains et menait une vie simple. Un transfert important vers la France aurait exigé une autorisation et des documents. Dans tous les cas, maman m’en aurait parlé. Il avait tout inventé, jusqu’à son aveu final.

Soufiane Elkabous avait vidé les comptes bancaires de ma mère après son décès et volé tout son argent ! Y avait-il quoi que ce soit qui soit à l’abri de ce criminel endurci ?

Cependant, cette fois, contrairement à la maison de mes parents, il ne pouvait pas agir à la faveur de la nuit. Il a dû franchir les portes d’une banque et violer la sécurité de l’établissement. L’agence du Val d’Anfa a permis à Elkabous l’escroc, ou à l’un de ses complices, de vider et fermer les comptes de ma mère après sa disparition.

Pourquoi cette permission ? Est-il entré armé ? Lui ont-ils simplement remis l’argent ?

Ils sont même allés plus loin, en refusant de me fournir, à moi, la fille légitime, la moindre transparence, protégeant ainsi le crime. Si c’est ainsi qu’une agence bancaire opère, pourquoi n’importe quel criminel ne se présenterait-il pas pour réclamer l’argent du compte de son choix ? N’est-ce pas exactement ce qui s’est passé ici ?

L’agence bancaire qui a remis l’argent de ma mère à un criminel – sans lien de sang, sans lien légal, sans nom de famille commun, sans testament, sans aucun document valable pour effectuer des retraits, et en violation probable de ses propres procédures bancaires – a refusé de me permettre, à moi, sa fille, portant le même nom de famille et munie des papiers nécessaires, de parler à un directeur au sujet de fonds disparus et de la fermeture irrégulière de comptes.

Quelle ironie sinistre !

Y a-t-il quoi que ce soit, dans le monde d’Elkabous, qui ne soit pas pourri jusqu’à la moelle ?

Par son propre aveu, Elkabous est le criminal dans cette affaire. Mais l’agence du Val d’Anfa a au minimum facilité le vol et en partage la responsabilité. Est-ce une faute professionnelle ? Avait-il un complice dans l’agence ? La direction de la BMCI doit maintenant enquêter, sanctionner et réparer ce qui s’est passé en son sein.

De plus, après avoir réalisé la situation, l’agence du Val d’Anfa aurait dû me fournir, à moi l’héritière légitime, toutes les informations pertinentes sur cette operation, y compris les parties impliquées, les détails des comptes, les montants, les communications et tout lien connu avec Elkabous. Elle aurait dû également alerter la direction de la BMCI, qui, en toute logique, aurait sans doute escaladé l’affaire auprès de l’autorité bancaire marocaine, Bank Al-Maghrib. Il ne semble pas que cela ait été fait. Je n’ai jamais été recontactée. Une enquête complète s’impose. Si nous ne pouvons pas faire confiance à nos agences bancaires pour protéger les dépôts, comment la société peut-elle fonctionner ?

J’espère que l’autorité bancaire marocaine mènera cette affaire avec vigueur et détermination, où que les faits conduisent. J’évaluerai aussi différentes options. L’agence du Val d’Anfa a failli à plusieurs niveaux pour que ce vol se produise. La direction de la BMCI doit désormais commencer par réparer le préjudice causé en me restituant, en tant qu’héritière légitime, les fonds que ma mère leur avait confiés et qui ont été remis à tort. Libre ensuite à la banque de se retourner contre Elkabous pour récupérer l’argent. C’est son choix, bien sûr. Ce qui ne peut pas être effacé cependant, c’est le manquement de l’agence à préserver l’intégrité de ses procédures, à protéger les fonds déposés sous sa responsabilité, et à assumer sa responsabilité pour les avoir remis dans les mains d’un voleur.

L’intention de ma mère était claire : elle me laissait cet argent.
L’intention d’Elkabous, le criminel, était tout aussi claire : la loi ne s’applique pas à lui.
Il s’empare d’une fondation créée pour aider les autres et l’utilise pour ses besoins personnels.
Il usurpe l’identité d’autrui.
Il force un coffre-fort privé.
Il en vole tout le contenu.
Il falsifie des documents et les dépose dans les registres nationaux.
Il occupe une maison qui ne lui appartient pas sans droit ni titre.
Il la vide de tout ce qu’elle contient.
Toujours et encore, sans jamais de conséquence.
Et maintenant, il pille aussi des comptes bancaires.

Ce dernier vol commis par Elkabous a été rendu possible par les manquements de l’agence du Val d’Anfa. La BMCI doit maintenant assumer sa responsabilité et corriger les défaillances de son agence. Quant à Soufiane Elkabous, il est temps que ce criminel aujourd’hui notoire commence à payer pour ses crimes.

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